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Farid, résident de la maison relais La Bouilladisse

Je retrouve le goût d’être utile.
Habitat et Humanisme Provence, La Bouilladisse, Farid

On est le 18 juin 2009 et j’emménage  à la Bouilladisse dans une maison  relais, répondant au nom protecteur de Nid Saint Georges. Gérée par les bénévoles de l’association Habitat et Humanisme Provence. On me met à disposition un appartement dont le confort durant les premiers jours va m’angoisser car j’en avais perdu l’habitude. Je prends un choc moral, je ne contrôle pas mon émotion, des gens que je ne connais pas font attention à moi.

Je ne sais pas ce qui m’attend, je ne sais pas si je corresponds au profil le ce genre de structure.
Je n’ai que ça, depuis plus d’un an , je suis réellement à la rue, sans domicile, vivant aux crochets des gens, qui ne tardent pas à m’achever, car la solidarité n’est pas dans la nature humaine, c’est un effort que les gens font et qui dit effort dit fatigue.

Alors mon arrivée au Nid Saint Georges est ma chance, mon amérique. Je n’ai plus de force, la peine, le chagrin m’ont envahi.

Tout va très vite au Nid. Je fais la connaissance de mes nouveaux voisins. Je me redonne le sourire. J’ai envie très vite de servir à quelque chose. Je comprends très vitre que je vais pouvoir gagner un capital confiance, retrouver la reconnaissance, avoir un avis qui compte, redevenir un être pensant.
Cela commence par des repas pris en commun au quotidien, une fête des voisins journalières notre seule façon de faire connaissance et de créer des affinités.

Je m’installe en leader ou presque. Je retrouve le goût d’être utile. On se parle beaucoup, on échange nos problèmes, qui nous ont amenés ici.
Le fait, et c’est vrai, de nous raconter nos galères, nos fautes, nous soulage.
Je ne suis plus seul et un sentiment d’amitié qui en principe met longtemps à s’installer est présent, je le ressents et ça me fait du bien.

Je suis convaincu de m’en sortir, même si mes problèmes demeurent et tel un cheval fougueux, je décide très vite, pour un choix de métier, je fais beaucoup de demandes de logement.
L’association qui gère; le Nid Saint Georges me propose un petit boulot d’homme d’entretien en plus d’excellentes relations que j’ai avec les résidants, je m’investis dans la maison.
Qu’est-ce que ça fait du bien, en fin depuis des mois, j’ai une vie.

Un logement, c’est gratifiant, c’est la considération de soi, c’est avoir une hygiène de vie, qui permet de rester dans la société et surtout de se reposer quand la vie vous abîme et vous bascule.

Farid