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L’essentiel

Bernard Devert

Publié le 18 juillet 2022 par Habitat et Humanisme

L’essentiel pour reprendre le titre de cette lettre s’articule autour de 6 opérations phares qui ont suscité l’attention de par leur impact novateur et riche d’espoir d’où ces quelques mots de gratitude.

La parabole du bon Samaritain est pour tous, croyants ou pas, l’expression d’une humanité qui nous interroge et nous rejoint. Habitat Humanisme n’est pas le samaritain mais plus prosaïquement l’aubergiste qui dans ce récit de vie se voit confier le soin d’un frère inconnu, blessé au bord du chemin. Prendre soin c’est toujours ouvrir une hospitalité.

Au fil du temps, je m’aperçois que le soin revêt au sein de H&H une acuité de plus en plus forte. Le logement est désormais reconnu comme un élément essentiel de la politique de la santé. La crise sanitaire a souligné les différences – j’ose dire crever l’écran – entre ceux qui disposent d’un habitat et ceux simplement d’un hébergement ou d’un logement dans des « machines à loger ».

Trop de nos concitoyens doivent se contenter d’accepter la place où la société les place. Comment s’étonner de tant de frustrations et de ces amertumes quand on ne parvient pas à la choisir ?

En plein cœur de Paris dans le 15ème arrondissement, rue de Vaugirard, un inespéré a été proposé à des personnes en souffrance sociale, pour le moins en difficulté qui, non seulement ont trouvé leur place mais, dans cet inattendu, ont ressenti combien elles comptaient. Cette place vous leur avez offerte avec la communauté dominicaine qui, habitée par la Bonne Nouvelle, a suscité une attention qui renouvelle les relations.

Ce retour sur l’année 2021 évoque également le développement des tiers-lieux solidaires se révélant les espaces d’un envol de la fraternité au sein desquels nos aînés, mais pas seulement, aiment à se rendre pour ces moments qui estompent la solitude. Espaces où l’on apprend à s’écouter, se parler. Pour certains la vie est difficile au regard des ressources, pour d’autres elle l’est sur d’autres aspects. Ces moments de partage ouvrent pour tous le grand large.

L’accueil des réfugiés a été aussi un moment essentiel quant à la solidarité de nos frères et sœurs ukrainiens, exilés. Dans ces heures tragiques où l’on pensait qu’il n’y aurait plus de guerre en Europe, d’aucuns se sont déplacés pour faire place essentiellement à ces mamans, personnes âgées et enfants qui ont dû fuir pour se protéger de ces obus venus les assaillir pour les détruire.

Quel espoir pour ces enfants qui avec leurs parents vont pouvoir connaître des moments de vacances ! Ce que nous entreprenons, certes, est très insuffisant. Il s’agit d’un commencent que nous sommes bien décidés à poursuivre. Le site, dans le Pays Basque, de l’abbaye de Belloc que nous appréhendons avec le magnifique soutien de nos frères et sœurs bénédictins ne sera pas indifférent, étranger à cette ouverture.

Vous éprouvez la discrimination que vit un enfant quand il n’a pas pu partir alors que ses camarades parleront de leur voyage à la rentrée, l’un est condamné au mutisme alors que d’autres disposent d’une parole ensoleillée par les horizons découverts.

Que d’essentiels, se dessinent sans faire de bruit. Ne sont-ils pas traces de l’espérance, ce mot qui semble s’absenter mais dont la réalité transparaît quand les relations mettant hors-jeu l’indifférence. Ne nous en étonnons pas ou plutôt si, puisque l’espérance suivant l’expression de Péguy, étonne Dieu lui-même. L’étonnement, sœur de l’émerveillement !

De tout cœur merci en vous souhaitant un bon été.

 

Bernard Devert