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Culture et saveurs s’invitent à la pension de famille Villa Mercedes

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Publié le 31 janvier 2020 par Habitat Humanisme Rhône

Ce mercredi 8 janvier 2020 aux alentours de 16h, plus de la moitié des résidents de la Villa Mercedes située dans un joli coin de verdure à Saint Genis-Laval, quittent leurs studios pour rejoindre la cuisine commune où le chef Albert, bénévole, s’apprête à concocter un savoureux repas comme tous les mercredis soir depuis son arrivée en septembre dernier.

Ce moment convivial, beaucoup l’attendent avec impatience car c’est le seul repas de la semaine qu’ils partagent. Ils aiment se retrouver, bavarder, être ensemble autour de délicieux petits plats qui les mettent en appétit.

 

Le temps est compté car le dîner est servi à 19h. Albert alterne les repas avec viande, poisson ou légumes. « Ce soir, le menu sera végétarien !« , annonce-t-il avec un clin d’œil malicieux. Laurent, un résident qui se charge des courses, confie en souriant : « Je n’aime pas les légumes, mais là je les mange, grâce à Albert !« . Comme d’autres, il observe les préparatifs autour du repas, pendant que Wankar et Abdou mettent la main à la pâte, épluchent et découpent en suivant les conseils du cuisinier. Wankar apprécie : « C’est bien qu’Albert vienne faire la cuisine, il a du talent !« . « En plus on mange ensemble, j’aime ce côté collectif « , renchérit Nathalie.

Ce moment facilite aussi les échanges, les confidences. Tout est prétexte à discussion, un film vu récemment, des problèmes de santé, familiaux… Quand l’un traverse des épreuves douloureuses et s’épanche, les autres le réconfortent, le soutiennent. Il règne ici un vrai esprit de famille, une forme de solidarité, d’empathie. Sans doute parce qu’ils partagent des parcours de vie difficiles. Et puis, ils ont appris à se connaître au cours des nombreux temps collectifs autour du dîner du mercredi, des jeux de société, des sorties, du jardin potager et des diverses activités qui leur sont proposées.

Parmi elles, les spectacles et séances de cinéma programmés par le théâtre La Mouche de Saint- Genis-Laval, avec lequel un partenariat très étroit s’est noué au fil des années. Arrivée en septembre 2018, Myriam Ben Hadj Ali, responsable de la pension de famille, a repris le flambeau. Ce n’est donc pas un hasard si ce soir, Anne Dufour, chargée des relations publiques à La Mouche, est invitée à partager le repas des résidents. « Je les ai déjà rencontrés« , raconte-t-elle, « c’est important que je vienne partager des moments avec eux, d’abord par sympathie mais aussi pour leur parler des spectacles proposés à La Mouche, leur donner envie de venir les découvrir et savoir ce qu’ils ont pensé de ceux qu’ils ont vus… Dans le cadre de notre partenariat, nous leur offrons des places sur 6 spectacles dans l’année. Myriam les a embarqués dans un super projet ! ».

Lorsqu’ils se déplacent pour assister à un spectacle, ils sont toujours accompagnés d’un bénévole ou de Myriam. Ce vendredi, quatre d’entre eux vont voir la pièce « Une Antigone de papier » et, cette fois, Albert troquera le tablier de cuisinier contre la casquette de chauffeur accompagnateur.

Rondement menée, la préparation du repas s’achève avant l’heure de passer à table. « On a le temps de faire un petit jeu de société ? », demande Linda les yeux pétillants. « Ils ont pris cette habitude avec Timothée, un bénévole qui leur propose toujours de jouer avant le repas du mercredi, et ils y sont attachés », explique Myriam. « C’est une bonne formule car ceux qui aiment jouer sont tentés par le repas et vice versa ! ».

Deux groupes se constituent, Myriam intègre l’un d’entre eux, elle est partout ! Des courses à la péparation du repas, en passant par la participation aux jeux de société… sans compter les nombreuses tâches administratives, tout ce qui permet à cette petite collectivité de bien fonctionner et de vivre en bonne intelligence.

« Cette année, ils ont exprimé une forte demande par rapport à l’accès à la culture, par l’écriture, la lecture de contes, les visites de musées, les spectacles, les films… », précise-t-elle. La saison dernière déjà, quatre résidents ont participé à la création d’une gigantesque tour en carton au Festival de Beauregard. Certains ont une fibre artistique, comme Thomas qui s’investit beaucoup dans les ateliers d’écriture organisés par le théâtre La Mouche. Un spectacle sera créé à partir des textes écrits lors de ces ateliers. C’est une grande fierté pour lui. Thomas confie modestement : »On m’a dit que j’écrivais bien. Ecrire me fait beaucoup de bien, me détend et me permet aussi de m’exprimer ».

Quant à Isabelle, elle est musicienne et reprend avec joie le chant lyrique qu’elle avait abandonné depuis si longtemps.

Il y a aussi ceux qui n’ont pas de talent particulier mais sont curieux et amateurs de films et spectacles, toujours partants pour une nouvelle aventure culturelle et gourmande.

Alors, à mercredi prochain !

 

Marie-Anne ICHTER