J'agis

Deux visages pour un pays sage

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Publié le 21 juillet 2017 par Marion Cheynet

2016 est l’année de l’intégration au sein d’Habitat & Humanisme de l’association La Pierre Angulaire qu’il me fut donné de créer en 2001, refusant que l’âge s’avère un naufrage. Les traversées sont d’autant plus difficiles qu’elles sont solitaires alors que les tempêtes assaillent les plus fragiles, confrontés à la perte d’autonomie, l’isolement et le manque de ressources.

Cette photo souligne le sens de nos engagements :

  • Le visage de cette grand-mère offre à l’enfant la seule force qui protège, l’amour. Que de personnes âgées pensent qu’elles ne sont rien pour n’avoir rien, comme si la vie s’évaluait à l’aune du mesurable. Comment leur dire que loin d’être une charge elles sont une chance. Albert Einstein rappelait que le monde est riche d’intelligence mais pauvre d’amour. Ce manque cruel, que de personnes au soir de leur vie l’atténuent en faisant du bien sans bruit ; elles partent en laissant une trace de lumière.
  • Visage de l’enfant devant lequel surgit la question désarmante que va-t-il devenir. L’interrogation n’est pas absente d’émerveillement et d’une responsabilité qui ennoblit notre humanité. A la quiétude des certitudes faciles doit se substituer « l’intranquilité » des convictions, trop souvent battues en brèche pour être transformatrices de la société. Le combat est inégal mais nous ne pouvons pas le déserter pour ne point abandonner les premières victimes que sont les plus pauvres.
    Le fragile chemin d’humanité est un appel à ne rien céder pour que le temps de l’enfance ne soit pas volé et que celui de son avenir ne soit pas compromis. Plus cette exigence éthique est prise en compte, davantage se tissent des relations créatrices d’humanité et de justice. « Sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé », écrit Camus à ce vieil instituteur auquel il dédie son prix Nobel de littérature.

Ce rapport d’activité je voudrais humblement vous le dédier pour vous remercier de votre tendresse et votre affection fidèle à la cause d’HH qui nous réunit : faire taire l’absurdité de ce mal qu’est l’indifférence. Vous ne le supportez pas pour avoir cette conscience éclairée qu’il est possible de l’éradiquer. Ensemble nous avons commencé il nous faut poursuivre même si, à certaines heures, le doute diabolique pourrait nous faire douter que nous y parviendrons.

Pourquoi agissons-nous si ce n’est pour que « des Camus » puissent un jour avoir cette parole de reconnaissance donnant naissance à un monde nouveau.

De tout cœur merci.

Bernard Devert.

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