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Métamorphose du repas en œuvre d’art à l’Escale du 3

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Publié le 29 juillet 2022 par Escales Solidaires

Ustensiles divers, assiette d’artichauts, café gourmand, ananas, grappe de raisin, pique-nique champêtre, croissant…  Le résultat de trois séances de modelage et peinture sur le thème du repas, de la nourriture, s’étale sur une grande table à l’Escale Solidaire du 3, aux côtés de quelques restes d’argile blanche et de pots de peinture. 

Depuis notre naissance, les repas occupent une place prépondérante dans notre vie. Vitaux mais aussi moments de partage, ils sont chargés d’émotions et de souvenirs. C’est ce que Laura Pouppeville, artiste en résidence à l’Escale du 3, explique aux passagers. A partir de cette expérience de vie commune à tous les êtres humains, elle leur propose de faire appel à leur mémoire, à leurs goûts personnels pour réaliser des ustensiles, fruits, légumes, plats… en argile, papier ou sur tissu puis de les peindre. 

Un projet original...

« Un beau projet soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes/Ministère de la Culture et la Ville de Lyon »,  souligne Emilie d’Ornano, Directrice du lieu d’art contemporain Kommet situé à la Guillotière, partenaire de cette expérience hors les murs. Elle ajoute : « L‘artiste n’anime pas seulement des ateliers mais elle mange aussi à l’Escale car c’est un moment privilégié pour faire remonter des souvenirs autour des repas ». Laura acquiesce : « L’atelier modelage est le prolongement des repas pris ensemble ». Accompagnées de Marianne et Thelma, elles expliquent le projet aux passagers et les invitent à donner forme à leurs envies.

Thumbnail Img 3042 Kommet

A voir les participants aussi concentrés, il est évident que ce thème les inspire.

Aussitôt, des images défilent dans leur tête, des sensations les envahissent et l’envie de créer, de raconter une histoire au travers d’un objet les anime.

« Je pourrais créer chez moi, j’adore le modelage, mais c’est plus stimulant en groupe, avec un thème proposé », reconnaît Aurélia, « seule chez moi, je ne trouve pas l’inspiration ».

Julia, concentrée sur son ananas et sa grappe de raisin, approuve.

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Williane, elle, a choisi de peindre un pique-nique sur du tissu.

Les peintures végétales préparées par Laura et Marianne sont fabriquées à partir de produits eux aussi en rapport avec la nourriture :

pomme de terre et colorants à base de chou rouge, d’épices.

Elles ne sont pas toxiques mais ne glissent pas sur le tissu comme Williane le souhaiterait et leurs teintes sont trop pâles pour elle :

« J’ai voulu peindre sur du tissu car cette matière évoque une nappe, des serviettes, mais ce n’est pas facile avec cette peinture », confie-t-elle.

Elle ajoute, le regard malicieux :

« En tout cas, ce que je fais n’a rien à voir avec mon passé, je n’aime pas les souvenirs ! ».

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Véronique peaufine son café gourmand commencé lors du précédent atelier. « Ici, c’est chaleureux. Je retrouve confiance en moi en prenant du temps pour moi », soupire-t-elle. « Un café gourmand, c’est le plaisir retrouvé, le partage, la gourmandise. J’ai toujours aimé la création en 3D et c’est plus motivant à plusieurs ! ». A ses côtés, Saïd improvise tranquillement : « J’ai fait une assiette et dedans je mets du poulet parce que j’aime ça, des pommes de terre, des haricots, des oeufs au plat… », énonce-t-il tout en complétant au fur et à mesure sa réalisation.

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Alba, Colombienne engagée dans une association d’aide aux éxilés, fréquente les escales pour mieux inciter les personnes qu’elle accompagne à effectuer la même démarche. « C’est sympa les escales, toutes ces activités, nous on ne peut pas en proposer autant ! », s’exclame-t-elle. Elle a décidé de réaliser un arepa, sandwich typique de son pays d’origine, à base de farine de maïs. La garniture abondante est si complexe à réaliser qu’elle compte sur le savoir-faire de Laura. « J’espère qu’une fois tous les éléments assemblés, ça donnera envie d’être mangé ! », dit-elle avec un grand sourire gourmand.

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L’atelier s’achève, les pièces vont sécher avant d’être mises sous vide.

« Les créations ne peuvant pas être emportées », explique Laura, « on donne à chacun une attestation de participation à la réalisation de l’œuvre finale sur laquelle il dessine l’objet qu’il a créé et qui est ensuite mise sous vide.

Comme toutes les réalisations produites ici ». Les pièces seront jointes à celles que l’artiste va créer sur place et composeront un banquet exposé à l’escale du 3.

« A l’automne, nous voulons organiser un événement autour de ce projet.

Nous avons plusieurs pistes… », révèle Emilie.

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Rendez-vous donc à la rentrée pour découvrir cette œuvre collective originale, assemblage d’objets hétéroclites qui évoquent une tranche de vie, une personnalité, et vont inévitablement toucher le public. Parce qu’ils sont à la fois personnels et familiers, témoignages de toutes ces cultures qui se partagent et des liens qui se tissent au moment des repas.

 

Marie-Anne, bénévole reporter aux  Escales