Une résidence inclusive et intergénérationnelle
À Palmira, c’est dans l’ancien manoir réhabilité de la Bauche-du-Rouet qu’une partie de la résidence a pris place. En cette après-midi de juin ensoleillée, le bâtiment, flambant neuf, a fière allure. Ses murs blancs enduits de chaux contrastent avec un ciel parfaitement bleu. L’intérieur, tout aussi accueillant, s’ouvre sur un espace collectif (et climatisé !) qui comprend un espace de vie avec une petite cuisine et un salon. À l’étage, sept logements accueillent des habitants accompagnés par Habitat et Humanisme Loire-Atlantique dont trois issus d’instituts médico-éducatifs en parcours d’autonomie. La partie récente de la résidence s’étend, elle, à gauche du manoir, composée de 3 bâtiments formant une cour intérieure rectangulaire propice aux rencontres. « C’est un vrai lieu de retrouvailles, le soir, les gens se retrouvent là » confirme Sandrine. Dix logements sont gérés par Habitat et Humanisme Loire-Atlantique dans cette partie, répartis de façon diffuse en rez-de-chaussée pour faciliter les échanges avec « les voisins » comme les nomme Sandrine pour évoquer les autres résidents de la copropriété. Car l’objectif est bien là : favoriser l’inclusion et les liens intergénérationnels pour recréer du lien et rompre l’isolement.
Conformément aux valeurs portées par Habitat et Humanisme, Palmira est une résidence inclusive et intergénérationnelle. Outre les quarante-deux logements en accession libre, l’ensemble immobilier comprend dix-sept habitats, du studio au T2, accessibles à des séniors précarisés ou des personnes en situation de handicap. Tous sont autonomes, signent un bail classique de location et paient un faible loyer parmi les plus bas du parc social. En août 2024, les premiers locataires d’Habitat et Humanisme Loire-Atlantique prenaient place dans la partie récente de la résidence. En juin 2025, ce sont les habitants du manoir, une fois sa réhabilitation achevée, qui y emménageaient à leur tour. Forte de l’expertise d’Habitat et Humanisme Loire-Atlantique et de ses partenariats avec l’adapeila, le conseil départemental et la mairie des Sorinières, la résidence Palmira semble, après seulement un an de fonctionnement, placée sur de bons rails.
Un accompagnement de proximité
Aux côtés de Sandrine, une dizaine de bénévoles, dont un bricoleur et un jardinier, se relaient sur la structure pour proposer un accompagnement de proximité. Des temps d’écoute et d’échanges sont régulièrement proposées pour établir une relation de confiance. Pour des personnes en rupture familiale ou des séniors isolés, se confier ou demander de l’aide n’est pas forcément chose facile. Une fois par mois a lieu un conseil d’habitants, l’occasion pour eux de proposer les activités qu’ils aimeraient faire, qu’ils en soient les acteurs et les fassent vivre. Sandrine assure le soutien logistique pour l’organisation. « Il y a un mois, on les a tous rencontrés individuellement pour les interroger sur ce qui existait, ce qu’ils pratiquaient, ce qu’ils souhaitaient, pour rapidement pouvoir répondre aux besoins autant que faire se peut. » précise Jacques. Des questionnements et des attentes ont alors émergé, concernant notamment la prévention santé et une intervention pour informer sur le sommeil a été organisée. Une autre est d’ores et déjà prévue sur l’alimentation à la rentrée.
La convivialité au cœur du projet
Les moments de convivialité ne manquent pas à Palmira. L’année dernière, les résidents ont pu se rendre à la mer et cette année, une sortie au parc de Maulévrier et une autre à Clisson leur ont été proposées. Des ateliers peinture, des soirées-photos ou jeux, des apéros et des karaokés sont également régulièrement organisés. Toutes les 2 semaines, le jeudi soir, le repas est collectif. La cuisine devient alors un lieu de rencontre pour rompre l’isolement et mettre en lien les habitants souvent fragilisés et qui peuvent rencontrer des problématiques de repli sur soi. « Une mission primordiale » pour Sandrine. Mission réussie : en cette période de coupe de monde de foot, plusieurs résidents ont prévu de visionner le soir-même le match de l’équipe de France sur la télévision commune du salon.
Les liens avec les autres voisins de la résidence ne sont pas pour autant oubliés. Une galette des rois en janvier, des apéros au retour des beaux jours et, le 29 mai dernier, une fête des voisins ont permis de regrouper habitants d’Habitat et Humanisme Loire-Atlantique et résidents de la copropriété. Autant d’occasion de créer des liens qui peuvent se poursuivre bien au-delà de ces événements. « Un locataire d’Habitat et Humanisme est venu aider un voisin âgé sur l’informatique par exemple. Il y a aussi parfois de la garde de chats et de chiens, des échanges d’ustensiles de cuisine entre résidents. Ils créent des liens comme ça » confirme Sandrine.
Palmira au soleil, un projet d’aménagement des espaces extérieurs
Aménager les extérieurs a également beaucoup œuvré pour rassembler résidents et voisins. S’il est davantage porté par les habitants d’Habitat et Humanisme Loire-Atlantique qui ont très tôt pointé le besoin d’égayer les abords des bâtiments, totalement vides au moment de leur emménagement, les voisins ont été tout de suite impliqués. Le projet a d’ailleurs dû être validé par le conseil de copropriété. Financé par une partie du budget d’Habitat et Humanisme, le syndic de copropriété y a également investi 2 500 euros dans le cadre de « Révèle ta copro », un appel à projet dont l’objectif est de soutenir les projets de copropriété à l’initiative des habitants. Bancs, table de pique-nique, table de ping-pong, bacs à fleurs sont ainsi venus agrémenter les espaces verts de la résidence. Des carrés potagers où poussent désormais légumes et plantes aromatiques ont aussi été installés. « Cela a permis aux habitants et aux voisins de s’approprier le lieu, qu’il y ait de la vie et que ce ne soit pas seulement une résidence dortoir. Et ces aménagements sont utilisés » remarquent Sandrine et Jacques. Les aménagements extérieurs devraient se poursuivre avec l’arrivée prochaine des composteurs et l’installation d’autres carrés potagers dans les vestiges de l’ancienne chapelle attenante au manoir.