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L’entreprise crée la surprise pour n’être plus seulement là où on l’attend.

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Publié le 1 mars 2020 par Eve-Marie Bodin

L’historienne Mono Ozouf considère que l’égalité est une chimère. Peut-être devrions-nous parler d’une utopie pour ne point condamner cette valeur déjà bien sacrifiée. Souvenons-nous des mots de Lamartine dans La prison des sens : “le réel est étroit, le possible est immense”.

Georges Ripert, cet éminent juriste, parlant des entreprises, disait qu’elles constituent des êtres nouveaux qui ne sont pas comptés dans le démembrement de la population mais qui sont aussi vivants que des êtres physiques.

Vivants, pour prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux. L’article 1835 du Code civil n’invite-t-il pas les sociétés commerciales à préciser leur ‘raison d’être’, la loi Pacte leur offrant la possibilité de devenir une entreprise à missions.

Alain Mérieux, une grande figure de l’économie et de l’humanisme, dirigeant l’Institut du même nom, n’a-t-il pas créé l’Entreprise des possibles pour des missions auprès des plus fragiles ? Elles se réalisent.

Tout a été dit sur le recul de l’Etat-providence. Si la Nation ne peut pas tout supporter, une responsabilité s’impose pour corriger les graves inégalités. Notre pays, champion des prélèvements, perd cependant sa place sur le podium du traitement des iniquités ! A l’évidence, d’autres moyens doivent être recherchés ; l’entreprise est susceptible d’en être un des acteurs.

Geoffroy Roux de Bézieux, Président du MEDEF, n’a pas hésité à parler d’une prime à l’échec pour celle versée au Président d’une entreprise du CAC 40 dont les résultats financiers, loin d’être probants, désertent, qui plus est, l’intérêt du bien commun.

Michel Camdessus, ancien Directeur général du FMI, faisant écho à Caritas in veritate, rappelle l’urgente nécessité d’une certaine gratuité dans l’économie. L’utopie d’hier se révèle une vérité qui se construit.

Quand l’entreprise recherche des raisons d’être, de nouveaux possibles naissent.

Des financiers s’échappent de ce carcan tutélaire du “toujours plus” pour lui substituer plus de solidarité ; ainsi, le lancement du fonds immobilier Impact Investing, créé par Cedrus Partners et Swiss-Life. 80% des capitaux collectés seront investis en résidences gérées et bureaux, les 20% autres étant fléchés vers des logements éloignés des quartiers paupérisés, en faveur des personnes isolées ou des familles en souffrance sociale.

L’entreprise est paradoxalement l’une des institutions qui a le mieux résisté aux crises. Voici que des femmes et des hommes voulant faire du neuf s’investissent pas seulement pour se partager les dividendes mais pour que les bénéfices réalisés soient affectés à une solidarité active.

L’inattendu révèle l’espace d’un inespéré.

 

Bernard DEVERT

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