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L’hospitalité, un devoir pour honorer la fraternité

Bernard Devert, président Fondateur d'Habitat et Humanisme

Publié le 9 septembre 2021 par Habitat et Humanisme

L’hospitalité, un devoir pour honorer la fraternité…

 

Une des premières familles accueillies par Habitat et Humanisme était afghane, il s’en est suivi une amitié qui n’a pas laissé indifférents les résidents de l’immeuble au sein duquel elle trouva une hospitalité.

L’heure est pour notre Mouvement de ne point se dédouaner du drame qui se fait jour en Afghanistan aux fins d’offrir un hébergement à ceux qui, ayant servi les intérêts de la France ou défendu les valeurs de notre civilisation, sont pourchassés par les Talibans, de nouveau, les maîtres de Kaboul.

Comment ne pas s’interroger sur la conquête de cette horde de barbares qui a fait couler le sang d’innocents en Afghanistan, imposant avec la brutalité que l’on sait la charia. Expulsés pour tenter de remettre en place une démocratie, ils reviennent ‑ ont-ils changé, comme ils l’annoncent ‑ 20 ans plus tard, sans avoir à combattre !

Les clés du Pays leur sont remises dans une débâcle humiliante pour la première puissance mondiale. Incompréhensible.

A l’envi, il a été rappelé qu’en 20 ans, plus de mille milliards ont été versés pour reconstruire ce pays en lui offrant une armée, laquelle a abdiqué sans combattre. Une honte.

L’argent a coulé, mais il a coulé toute énergie et discernement, car enfin quel avenir a présidé aux accords signés au Qatar en février 2020 à Doha avec les Talibans et les Américains, sans même la participation du gouvernement afghan.

Les accords n’ont rien préparé, une déroute annoncée, mais point la protection de ceux que les Talibans menacent, comme on peut le constater à l’aéroport de Kaboul. Les photos soulignent l’incurie et les difficultés du départ, y compris, celui des Américains.

Toutes ces vies perdues et tout ce flot d’argent pour en arriver là.

 

L’heure n’est pas celle du jugement, elle est celle de l’urgence, aux fins de protéger ceux qui doivent l’être. L’histoire se prononcera sur la cause d’une telle capitulation où le cynisme qui, toujours prépare les abîmes, a sans doute sa part.

Ce n’est pas le flux migratoire qui est à craindre, mais une dictature susceptible d’enfermer les opposants au régime.

Le respect de la vie et de son épanouissement, notamment pour les femmes, ainsi que les valeurs d’humanisme et d’universalisme que nous défendons nous invitent à ne point fermer les yeux sur ce qui se passe afin que ceux de nos frères menacés ne soient pas fermés à jamais.

A cette exigence éthique, nous ne nous déroberons pas.

 

Bernard Devert, Fondateur d’Habitat et Humanisme